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Ses études, son passé de dirigeant, sa crédibilité : Ajroudi répond aux critiques

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Le journal L'Equipe dresse le portrait de Mohamed Ayachi Ajroudi et révèle quelques zones d'ombre que le candidat au rachat de l'OM tente d'éclaircir.

La semaine dernière, Mourad Boudjellal alertait l'opinion publique sur une "campagne de dénigrement" dont serait victime Mohamed Ayachi Ajroudi, l'homme d'affaires franco-tunisien qui l'accompagne dans le projet de rachat de l'Olympique de Marseille. "Il a été victime d’un maître-chanteur qui agit auprès de certains journalistes. C’est un maître-chanteur qui a pignon sur rue sur Twitter et qui lui a demandé une somme d’argent, en l’occurrence 60.000 euros, pour ne pas le dénigrer", expliquait Boudjellal. "Il a ajouté 'sinon, je vais donner des infos bidon à des journalistes qui vont te dénigrer'." Quelques jours plus tard, le journal L'Equipe s'attaque au portrait d'Ajroudi et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est moins élogieux que celui dressé par Boudjellal.

"L'intriguant Monsieur Ajroudi", peut-on lire en une du quotidien, qui révèle plusieurs zones d'ombre, aussi bien sur son parcours d'étudiant (il affirme avoir décroché un diplôme d'ingénieur hydraulique à Polytechnique, à Lille, mais son nom n'apparaît pas dans les archives) que sur son passé professionnel (Ajroudi revendique l'invention de Sportvert, une machine permettant de fabriquer des terrains de foot en un temps record, mais dont le brevet a été déposé au nom de son ancien collaborateur Francis Guisse).

Il aurait une grosse ardoise à l'hôtel Georges V

On apprend aussi qu'un habitué de l'hôtel Georges V, où Ajroudi possède une suite, a assuré que ce dernier y a une ardoise de 350 000 euros. "Vous pensez que si c'était le cas, le George V, qui est fermé en ce moment, me permettrait encore d'organiser des rendez-vous quand je veux... Cela fait trente ans que j'y descends", rétorque Ajroudi, sondé sur la question à l'occasion d'une conférence téléphonique organisée par l'agence qui gère la communication autour du projet de rachat. Certaines personnes interrogées, comme l'imam de Drancy Hassen Chalghoumi ou l'ancien Ministre Jack Lang, ne tarissent pas d'éloges à son sujet, mais Ajroudi ne fait clairement pas l'unanimité autour de lui. "De toute façon, on entend beaucoup de choses à mon sujet. On entend même dire que je suis incapable de payer une facture d'hôtel à Djeddah (ville côtière en Arabie saoudite), ou que je n'ai même pas de quoi me payer un café. C'est comme ça."

Même s'il n'a jamais été question de le voir diriger l'OM, L'Equipe s'intéresse aussi au passage d'Ajroudi à la tête du club tunisien du Stade Gabésien, en 2018. Sa gestion avait été pointée du doigt et le club avait été relégué. "C'est un club que j'aide depuis vingt ans, j'ai fait le stade où l'équipe joue, je l'ai financé. Et je suis encore le sponsor. J'ai accepté de prendre quatre mois la présidence du club parce qu'il était en difficulté. C'était en 2018, en fin de saison", rappelle d'abord Ajroudi. "On a perdu trois points car la FIFA a estimé qu'on n'avait pas payé un transfert alors que j'ai réglé la note de 45 000 dollars. Et puis on a perdu trois points car il y a eu un problème contre l'Union Sportive de Ben Guerdane, le club du président de la Fédération tunisienne, Wadie Jary. Avec six points en moins, c'est dur de se maintenir. On est donc descendus. Mais ce n'était pas à cause de problèmes financiers. Et je suis encore président d'honneur."

Enfin, et c'est peut-être là le plus important pour les supporters marseillais, Ajroudi s'exprime sur les avancées du projet de rachat. En affichant une certaine confiance. "Vous savez, on a chargé deux banques de travailler, je suis confiant. Si on prend des banquiers, ça veut dire qu'ils ont une tâche à remplir, et on les paie pour ça", précise-t-il. "Il faut laisser du temps au temps. Il y a toujours un acheteur et un vendeur. Je laisse les banquiers faire. C'est tout. C'est un plaisir de faire des affaires dans le sport." Un plaisir qui lui vaut aujourd'hui d'être propulsé en pleine lumière, pour le meilleur et pour le pire.