Son adaptation, sa relation avec le coach, Strootman raconte

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Kevin Strootman s'est livré sur sa vie à Marseille.
Kevin Strootman s'est livré sur sa vie à Marseille.

Débarqué sur la Canebière l'été dernier, Kevin Strootman (29 ans) poursuit son adaptation à sa nouvelle vie marseillaise. Mais si l'international Oranje s'accommode de mieux en mieux à Marseille, ses débuts dans le Sud de la France n'ont pas été évidents.

Dans un long entretien pour L'Equipe, il revient, sans éluder, sur ses premiers pas à l'OM. "Oui, c'était un peu dur au début, quatre mois à l'hôtel, avec la famille par intermittence. Ce n'est pas non plus une excuse, je sais quand je fais des matches de merde, pardonnez mon langage. Maintenant, j'ai ma maison, ma famille m'a rejoint, la météo est bonne, la ville est cool. Après, ici, tout dépend d'un unique paramètre : si les résultats sont bons, tu peux avoir une vie agréable". Quant à ses performances sur le terrain, le milieu marseillais ne le cache pas : il a peut-être sous-estimé le niveau du championnat de France : "Je ne sais pas. C'est trop facile d'avancer que les joueurs ont besoin de temps pour s'adapter. [...] J'ai sans doute sous-estimé la Ligue 1, je pensais que cela serait plus simple, or le niveau est élevé. Différent par rapport à l'Italie, où c'est plus tactique. Ici, c'est très physique, il y a beaucoup de un contre un, beaucoup de joueurs de qualité."

Au moment de son transfert, certains affirmaient qu'il ne souhaitait pas quitter Rome pour rejoindre Marseille. Interrogé à ce sujet, Kevin Strootman a expliqué avoir bel et bien été séduit par le projet et le discours de Rudi Garcia : "On peut t'obliger à rejoindre une équipe si tu ne veux pas t'en aller, mais cela ne s'est pas passé comme ça pour moi. L'entraîneur (Rudi Garcia) m'a appelé, il me voulait, m'a transmis un bon feeling avec son discours, la direction aussi, ils me voulaient vraiment. [...] Après cinq saisons à Rome, Marseille est venu, un grand club avec de sacrés supporters, qui reste sur une finale de Ligue Europa, ce qui n'est pas rien. La Roma ne m'a pas chassé. La direction n'avait peut-être plus la même confiance en moi, par rapport aux années précédentes. Alors j'ai fait le choix de partir."

Strootman ne veut pas du statut de star

Et pour cause, l'ancien romain connaissait bien celui qui est redevenu son entraîneur, puisqu'il a eu l'opportunité de le côtoyer en Italie. A son sujet, Strootman évoque un homme "honnête" . "Il est celui qui m'a fait venir à Rome et à Marseille. Il a une grande confiance en moi, mais si je fais un mauvais match, il est le premier à me le dire. J'ai besoin de ces critiques. Peut-être que certains joueurs aiment être traités différemment, mais moi, je veux que l'entraîneur soit comme ça.Je le trouve honnête avec les joueurs. Beaucoup, dans le foot, vous disent un truc, puis, dans votre dos, balancent l'exact inverse. Il donne beaucoup de responsabilités aux joueurs, il ne leur dit pas : "Tu enlèves ton cerveau ou tu le mets sur pause, et tu fais ce que le coach te dit." Non, nous devons nous adapter, penser sur le terrain, et j'aime ça."

Le milieu de terrain de l'OM est également revenu sur ses responsabilités dans le groupe. Bien qu'il soit arrivé il y a seulement quelques mois, il s'est d'ores et déjà imposé comme un cadre du vestiaire. "C'est aussi ma responsabilité. Je suis arrivé dans le cadre d'un gros transfert, tu dois être en première ligne quand les choses vont bien et quand elles ne vont pas bien. Ce soir-là, il y a eu une incompréhension, certains joueurs sont rentrés au vestiaire, d'autres sont restés sur la pelouse. Mais en tant qu'équipe, on doit rester unis, solidaires, et cela marche aussi avec les supporters". Malgré ce gros transfert qui a généré quelques jalousies au sein du vestiaire liées au salaire du joueur, Kevin Strootman refuse le qualificatif de "star" : (Sourire et mains levées.) Ne me qualifiez pas de star, s'il vous plaît. L'année dernière, ils ont vécu une grande campagne européenne. Les supporters continuent de parler de l'équipe de la saison dernière, de ses accomplissements. Toi, tu n'étais pas là. Et puis ils te prennent, et là, les résultats plongent. Tu te sens responsable, et il est logique que certains joueurs pensent : "Il arrive et maintenant on perd". A quelques heures d'affronter Saint-Etienne dans un match charnière, il assure avoir désormais le soutien de tout le monde à Marseille.

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